S M E T A P Rivière Dordogne
SYNDICAT MIXTE D'ETUDES ET DE TRAVAUX POUR L'AMÉNAGEMENT ET LA PROTECTION DE LA RIVIÈRE DORDOGNE















Couasne (bras morts)

Les bras morts, ou "couasnes" de la Dordogne...

... correspondent à d'anciens lits de la rivière, devenus milieux humides et aquatiques annexes, extrêmement intéressants pour le  fonctionnement même de la rivière et très riches sur le plan de la diversité et de la qualité du milieu.
Ces bras morts ont tendance à se combler, la connexion avec la rivière devenant alors de plus en plus irrégulière.
De plus, il semblerait que la formation de nouveaux bras morts soit compromise, les actions humaines ayant souvent limité les divagations de la rivière. Ainsi, ne resteraient que des structures anciennes, en voie de comblement.
Ces zones figurent dans l'inventaire des Zones Naturelles d'Intérêt Ecologique Floristique et Faunistique (ZNIEFF) et sont classées en "zone verte" dans le SDAGE, zones à forte valeur patrimoniale. Les 34 bras morts conséquents de la Dordogne répartis sur une soixantaine d'hectares font partie des sites des Directives Natura 2000.

Formation et évolution des couasnes

La Dordogne présente sur notre département une pente moyenne faible avec des ruptures de pente plus ou moins marquées et des alternances de radiers et de biefs. Les différences de dureté des roches, la pente et le régime des eaux de la Dordogne expliquent la sinuosité de la rivière dans son cours moyen : la rivière a façonné de longs méandres, des cingles, des bras morts,... La formation et l'évolution des bras morts sont directement liées aux phénomènes de déplacement latéral du lit. Il s'agit de bras abandonnés qui restent en communication épisodique ou permanente avec la rivière et présentent une évolution naturelle que l'on peut résumer par les étapes suivantes :


  • la rivière est divisée en deux bras, à la suite de la formation d'un îlot par dépôt de galets et graviers ou du recoupement d'un méandre.
  • le bras qui n'est plus affecté par le courant principal devient une zone lentique où se déposent les alluvions fines.
  • le comblement progressif aboutit à fermer l'extrémité amont du bras, qui n'est plus alimenté en basses eaux que par l'aval.
  • après fermeture de l'embouchure aval, le bras disparaît progressivement par le dépôt d'alluvions fines lors des crues et par sédimentation organique.


Les milieux humides permettent le développement d'une flore et d'une faune abondantes, remarquables et variées. Les couasnes et leurs milieux environnants (prairies, forêts alluviales, ...) fournissent de nombreux habitats favorables à de multiples espèces.
C'est pourquoi le SMETAP Rivière Dordogne a procédé à l'aménagement de la couasne de Bigaroque. Le désenvasage du chenal d'alimentation aval permet en période de hautes eaux la connexion entre le bras morts et la rivière. Ainsi la fraie est facilitée, la qualité de l'eau s'est nettement améliorée. Un sentier d'interprétation décrit et explique le milieu naturel et permet de comprendre la présence d'une pêcherie sur ce site. L'aménagement des berges facilite l'accès aux pécheurs.
Les bras morts de la Dordogne peuvent être reconnus comme patrimoine exceptionnel tant pour leur fonction écologique, qu'économique, sociale, hydraulique et paysagère. La formation de nouveaux bras-morts devenant rare, ces zones humides semblent, au regard de leurs différentes fonctions, constituer un bien collectif à protéger et à restaurer.

 D'après le Service Environnement, Conseil Général de la Dordogne, 11/98