S M E T A P Rivière Dordogne
SYNDICAT MIXTE D'ETUDES ET DE TRAVAUX POUR L'AMÉNAGEMENT ET LA PROTECTION DE LA RIVIÈRE DORDOGNE















Les problèmes rencontrés

Les problèmes rencontrés au bord de la Dordogne...

L'homme, en tant qu'utilisateur de la rivière, doit gérer les problèmes qui résultent de sa présence dans le lit majeur et/ou de l'utilisation qu'il fait de la rivière. Ces problèmes sont représentatifs de ceux rencontrés sur la plupart des vallées fluviales Européennes et induisent un certain nombre de conséquences, maintenant bien connues, sur le paysage, la santé, l'eau potable, la destruction des sols et, d'une manière générale, la qualité de vie.

Face à ces problèmes, le SMETAP a mis en place une politique de concertation avec les propriétaires riverains, pour qu'ils prennent conscience de l'influence, même minime, qu'ils peuvent avoir sur l'écosystème rivière.

Production hydroélectrique


Variations de niveau et de température intempestives
Boues, colmatage des frayères
Obstacles physiques à la migration des poissons
Obstacles physiques à la migration des matèriaux (alluvions)

De la source à Bergerac, 8 grands barrages produisent de l'électricité. Malheureusement, ils forment aussi un obstacle physique à la migration des poissons et des alluvions, et leur gestion ne tient pas compte des nécessités écologiques de la rivière : les turbinages provoquent d'importantes variations de niveau et de température, mettant en péril le frai des poissons et la nidification de certains oiseaux riverains.
Pour les berges sablonneuses, cette alternance humidification/dessiccation provoque des éboulements : l'eau s'infiltre profondément dans la couche de sable à chaque montée du niveau de la rivière, et s'écoule rapidement lors de la descente de ce niveau, déstabilisant la berge dans son mouvement de retrait.
Certains de ces barrages sont classés "risques majeurs aggravés" par le Ministère de l'Industrie et la loi oblige le gestionnaire à une inspection décennale donc à une vidange complète. Or les retenues forment d'immenses bassins de décantation et les boues émises lors de ces vidanges colmatent et recouvrent les galets, asphyxient toute vie interstitielle et provoquent une turbidité très importante de l'aval.

Production agricole intensive


Disparition des ripisylves
Abandon de ces zones non rentables
Irrigation et lessivage des sol

L'agriculture intensive et spécialisée tend à mettre en culture les surfaces enherbées et boisées du bord des cours d'eau. En effet, ces sols alluvionnaires sont très faciles à travailler mais leur texture sablonneuse les rend filtrants et un apport important d'engrais est nécessaire. Du fait de cette texture et de leur très faible teneur en matières organiques, ces sols n'ont pratiquement aucun pouvoir de fixation. De plus, ces sols sont fortement irrigués ce qui accélère le lessivage et diminue leur stabilité structurale par entraînement des fines.
En hiver, ils sont souvent laissés sans couverture végétale ce qui entraîne un lessivage aggravé, notamment de l'azote ; on retrouve donc au niveau de la nappe phréatique puis de la rivière, une partie non négligeable des fertilisants et des herbicides/pesticides. Lorsque la rivière est en crue, l'érosion devient rapidement une catastrophe.

Crues , Inondations

La Dordogne peut s'avérer être une rivière à crues, tributaire des conditions climatiques (pluviométrie, fonte des neiges, ...) . C'est pourquoi il est important de préserver des zones naturelles de divagation, comme les bras morts et autres annexes fluviales.
De plus, ces crues sont, en général, bénéfiques pour la rivière et les hommes : remaniement des fonds, reconstitution des réserves phréatiques, diversités recréées dans la plaine alluviale, à condition de respecter les limites de débordement, généralement connues mais vite oubliées.

Extraction massive de granulats


Erosion régressive des berges
Suppression d'un filtre et colmatage des frayères
Abaissement du niveau de fond et de la nappe alluviale
Non-disssipation d'énergie, au détriment des berges


La Dordogne roule sur un lit de galets arrachés à la montagne. Ceux-ci servent de filtre entre la rivière et sa nappe, et forment de vastes plages à l'étiage très appréciées par les touristes. Ce sont aussi des réservoirs de nourriture pour les poissons, ce substrat permet l'établissement de frayères pour les salmonidés et autres goujons.
Mais cette richesse a été surexploitée par des extractions massives. Ces dernières sont interdites en lit mineur depuis 1982 au vue des nuisances occasionnées, tant au niveau écologique qu'au niveau économique : abaissement du niveau de base entraînant l'effondrement des berges, drainage de la nappe alluviale provoquant l'assèchement des terrains...
La rivière reprend petit à petit son profil d'équilibre mais les problèmes posés sont d'autant plus aigus que l'alimentation en granulats est stoppée par les grands barrages d'amont.

Entretien, utilisation


Depuis une cinquantaine d'années, les riverains ont cessé d'exploiter - et donc d'entretenir - les berges. En effet, il était d'usage d'utiliser la ripisylve pour le bois de chauffage et les piquets, l'osier pour la vannerie et la confection des nasses à poissons. L'exode rural, le vieillissement de la population agricole et les changements de mode de vie font partie des causes principales de l'abandon de l'entretien des berges. Pourtant, la loi oblige chaque propriétaire à entretenir sa portion de terrain à proximité de la rivière, afin de laisser un passage aux agents des services publics, et dans une moindre mesure aux pêcheurs. Mais on trouve encore des berges "dépotoirs" où le riverain attend que la crue le débarrasse de ses déchets...,

Aménagement, développement


Collectivités territoriales : trop souvent, les aménageurs ne tiennent pas suffisamment compte de la notion de continuum d'une rivière. Un aménagement peut mettre en péril une activité économique en aval ou occasionner certaines perturbations en amont. Par exemple, le bassin d'emploi ostréicole dépend largement de la qualité des eaux; les poissons migrateurs comme le saumon sont victimes à la fois du droit de pêche maritime dans l'estuaire et de la disparition des frayères vers la source.

État : 


la rivière Dordogne traverse 6 départements et 3 régions de programme où les lois et règlements devraient être appliqués de manière identique. En tant que rivière domaniale (déclassée des voies navigables en amont de Bergerac) pratiquement toutes les administrations ont leur mot à dire ce qui ne simplifie pas la mise en route des programmes dit transversaux.