S M E T A P Rivière Dordogne
SYNDICAT MIXTE D'ETUDES ET DE TRAVAUX POUR L'AMÉNAGEMENT ET LA PROTECTION DE LA RIVIÈRE DORDOGNE















Pourquoi protéger la ripisylve ?

Siège d'une biodiversité exceptionnelle, les ripisylves et forêts alluviales constituent des milieux complexes et fragiles, aux utilités multiples.
Exploitées sans précaution ni ménagement à des fins agricoles, d'urbanisation ou pour l'ouverture de voies de communication, elles restent aujourd'hui menacées. Des ripisylves, vestiges des remarquables forêts galeries qui enserraient autrefois les grands fleuves, ne subsistent que de minces franges forestières, peuplées d'essences banales. C'est pourtant un écocomplexe très productif, mais mal connu.
C'est pourquoi, depuis 1993, le SMETAP développe un programme d'aménagement, entretien et gestion de la ripisylve, appliqué à 50km de berge.

Régulation des écoulements fluviaux

En accueillant de grandes quantités d'eau pendant les crues, les boisements alluviaux ralentissent les déplacements de l'onde de crue et écrêtent son maximum. En sens inverse, ils peuvent servir de réservoir temporaire, capables de stocker les surplus d'eau que la rivière ne peut évacuer dans l'instant, cette eau sera restituée lentement au fur et à mesure de la décrue. La régulation touche aussi les débris solides : les matières en suspension se déposent dans ces zones.

Protection des berges

Erosion au Gaillardou, 2001 Un autre aspect intéressant de ces boisements est leur effet protecteur vis à vis de l'érosion des berges, souvent lié au surcreusement du lit par des exploitations de gravier, de recalibrage du cours d'eau : devenues plus hautes et plus verticales, les berges s'effondrent entraînant les formations végétales et les terres arables. La végétation naturelle d'une ripisylve composée de végétaux d'une très grande diversité et au système racinaire développé va favoriser l'ancrage, donc limiter l'érosion des berges, au contraire, les peupleraies hybrides monospécifiques au faible développement racinaire facilitent le sapement des berges.

Qualité des eaux

Les ripisylves et les forêts alluviales concourent également à la qualité des eaux. C'est ici que se manifeste le mieux leur vocation d'écotone : zone tampon, interface entre la plaine alluviale et le cours d'eau.

Richesse biologique, Refuge faune

Le morcellement et l'appauvrissement biologique de la ripisylve représente un grand risque pour toute la chaîne biologique, mais également un amenuisement des ressources génétiques. De plus, ces longs corridors sont un facteur structurant, reliant les massifs forestiers, et servant de refuge à la faune sauvage.

Impact paysager et touristique

Les cultures intensives ont apporté une certaine monotonie dans le paysage de la plaine alluviale, celle-ci est rompue par la présence de la ripisylve. Les essences variées dans leurs formes et leurs couleurs apportent une diversité dans le paysage de la vallée. La ripisylve met en valeur, par son relief, ses couleurs, la rivière et ses méandres, ainsi que les bras morts.
De plus, l'ombre et la fraîcheur, l'absence de structures bétonnées sont appréciées des pécheurs, promeneurs. Les berges des rivières restent un des derniers endroit gratuit. C'est un lieu de repos entre deux visites, pour les nombreux touristes qui apprécient la tranquillité, l'aspect semi-sauvage de la ripisylve. De fait, si celle-ci doit être entretenue, elle ne doit pas devenir un parc.

Processus d'évolution des paysages alluviaux

Les milieux alluviaux ne sont pas des écosystèmes uniques, parfaitement stables et homogènes, mais une mosaïque de milieux complexes et interactifs, fruits de l'influence du cours d'eau et de l'homme. C'est donc l'enchaînement et la causalité des phénomènes qui régissent ces complexes qu'il faut regarder, phénomènes de nature physique biotique, abiotique et/ou chimique. En évolution permanente, la vallée alluviale se déforme et se modifie constamment, des équilibres s'y succèdent, elle en est à la fois le support et le produit.

D'après Charles Ruffinoni