Processus
naturel de dénitrification par les végétaux
de la ripisylve
Généralités
Le prélèvement
racinaire des végétaux et la dénitrification microbienne
anaérobie sont les principaux processus naturels pour une épuration
des eaux polluées qui traversent les zones alluviales.
La capacité de rétention de ces milieux est dépendante
des flux hydrologiques qui les traversent et/ou les engorgent, de la nature
des sols en place, de la dynamique et de la stabilité des formations
végétales qui les composent.
Flux de nitrates en l'absence de ripisylve
Fonctionnement
En été (période d'activité des
végétaux) Absorption
racinaire
Plusieurs résultats d'études expérimentales effectuées
au niveau de zones alluviales ont été publiés, montrant
le rôle de la végétation des cours d'eau pour le contrôle
des flux de nitrates : on peut observer, d'après ces études,
que les végétations rivulaires,
ripisylves et forêts alluviales, contribuent
efficacement à l'élimination des composés azotés
transitant dans les zones alluviales.
Ainsi, pendant la pèriode végétative (environ huit
mois par an, de fin février jusqu'à fin octobre), ces formations
végétales particulièrement dynamiques prélèvent
directement les composés azotés nécessaires à
leur croissance au sein de la nappe alluviale (eaux de sous-écoulement
depuis les zones de cultures jusqu'à la rivière). Les nitrates
sont alors incorporés et stockés dans le tissu végétal
sous forme réduite, constituant essentiel des structures végétales.
Il y a fabrication de biomasse.
En hiver
(période de repos des végétaux) : dénitrification
La dénitrification microbienne ou "respiration nitrate",
est utilisée par des bactéries lorsque le milieu ne contient
plus de dioxygène (ou milieu anaérobie, symbolisé
par le calque bleu sur le schéma). A défaut d'oxygène,
ces bactéries, dites dénitrifiantes, utilisent
alors les nitrates comme accepteur final d'électron
dans la chaîne respiratoire pour pouvoir oxyder les matières
organiques incorporées et fournir de l'énergie (sous forme
d'ATP - Adénosine Tri Phosphate) aux cellules.
Les
ripisylves et autres zones tampons peuvent offrir des conditions favorables
à la réalisation de la dénitrification microbienne
Le fort degré d'engorgement des
sols pendant les périodes de hautes eaux (hiver,
printemps) permettent de créer des conditions d'anoxie du milieu.
La productivité primaire peut fournir le carbone
organique nécessaire aux micro-organismes par
la litière (feuilles mortes) en décomposition.
L'écoulement de la nappe
au sein des sédiments alluviaux permet une arrivée constante
de nitrates aux bactéries.
Une bande forestière située
entre le cours d'eau et les cultures permet une épuration des eaux
qui la traverse.
De plus, la
végétation empêche le lessivage des terres en bloquant
les alluvions des terres agricoles qui descendent vers la rivière.
Mais
ce rôle de filtre fonctionne aussi dans l'autre sens: lors de crues,
les matières en suspension dans l'eau qui sortent du lit
mineur, restent bloquées dans la zone tampon et sédimentent.
Il en va de même pour les branches et les troncs dérivant
lors des crues .
Applications
Depuis
1993, le S.M.E.T.A.P. Rivière Dordogne
et le CIVAM Berges travaillent au maintien
de la ripisylve existante et à la création de
nouvelles zones tampons, en encourageant
la plantation puis l'entretien par les propriétaires, en les conseillant
dans le choix d'essences adaptées, dans la taille et la sélection
des jeunes arbres. Sur le secteur du S.M.E.T.A.P. , plusieurs
hectares de zone tampon ont été plantés.
La mise en place d'une zone tampon est possible
pour tous : 10 mètres
de zone tampon sont suffisants pour éliminer la plus grande partie
des nitrates contenus dans l'eau. L'espace planté (aides possibles
dans le cadre des mesures d'accompagnement de la réforme de la
PAC , retrait des terres à long terme) n'est gelé que pour
des cultures à court terme.
Les essences
seront choisies selon 4 critères :
capacité d'épuration
des nitrates (aulne,...)
productivité, à moyen
et long terme (aulne, frêne, noyer bois, merisier, chêne,...)
paysager (plantation mixte : chêne
rouge, érable sycomore,...)
nourriture pour la faune avicole (sorbier
des oiseleurs)
De plus,
l'entretien est aisé (taille
et sélection) et il est possible d'aménager un chemin parallèle
à la rivière, facilitant l'accès aux pêcheurs,
randonneurs...