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Sources : Agence de l'Eau Adour-Garonne / GEREA - 1999
Plantes amphibies fixées se développant sous forme d'herbiers denses quasiment impénétrables, immergées ou émergées. Tige rigide pouvant atteindre 6 m de longueur.
Ne pas confondre avec la jussie des marais, plante autochtone, à feuilles rougeâtres et petites fleurs verdâtres. Dispersion très efficace de la plante par bouturage spontané ou provoqué de fragments de tiges.
Se développent
dans les eaux stagnantes ou faiblement courantes : plans d'eau jusqu'à
3 m de profondeur), parties lentes des cours d'eau, fossés, atterrissements,
zones humides variées.
Origine Amérique
du Sud
Malgré des lacunes
dans les connaissances, la jussie semble présente dans la plupart
des régions de France, mais elle est plus abondante au sud, et
tout particulièrement dans le Sud-Ouest et sur la façade
atlantique.
La biomasse des herbiers de jussie peut atteindre des valeur s de 1 à 2 kg de matière sèche par m². Les taux de croissance mesurés en Californie montrent une augmentation de 10 % de la biomasse par m² et par jour. La biomasse totale d'un herbier pourrait pratiquement doubler en 3 semaines. Ces quelques données illustrent l'ampleur que peut atteindre l'envahissement par cette espèce, lorsqu'elle trouve des conditions favorables. Impacts sur les espèces : après une. phase d'installation limitée, la jussie peut se développer en herbiers très denses. Ce cas est fréquemment observé sur les zones humides, mais peut aussi apparaître en milieu aquatique, des tiges flottantes se développant sur de grandes superficies à partir des rhizomes fixés sur les berges. Dans ce cas la jussie élimine toutes les autres plantes basses. La biomasse importante, lorsqu'elle se décompose, peut créer un déficit en oxygène qui limite ou interdit également la vie animale. Impacts sur le milieu : les herbiers de grande superficie constituent une gène pour l'écoulement de l'eau et accélèrent le comblement des milieux par piégeage du sédiment et accumulation de matière organique morte. Impacts sur les activités humaines : les gênes. pour l'écoulement peuvent entraîner des problèmes pour l'irrigation et le drainage. De plus, la présence même de l'herbier constitue une gêne pour les activités de pêche, et de sports nautiques. En limitant les surfaces en eau libre, la jussie limite la présence d'oiseaux d'eau de surface, ce qui nuit à l'activité cynégétique.
Le climat : les parties aériennes meurent sous l'effet du gel. Par contre, les rhizomes protégés par les sédiments peuvent survivre. Les jussies peuvent donc s'implanter et se maintenir dans toutes les régions françaises, mais les phénomènes de proliférations s'observent essentiellement dans les régions où le gel est rare (cas fréquent sur le bassin Adour-Garonne). La lumière : les milieux ombragés sont peu colonisés par cette espèce et s'ils sont colonisés, il n'y a pas prolifération. La ressource en eau : la production de biomasse de ces plantes semble limitée par les conditions hydriques du sol. Les jussies peuvent donc coloniser des terrains peu humides, mais sans proliférer. Elles ne peuvent pas coloniser les milieux terrestres éloignés de milieux humides ou aquatiques. La compétition : la présence d'espèces sociales vigoureuses telles que le roseau ou la baldingère limite la progression de la jussie. La consommation : dans son aire d'origine, la jussie est consommée par différents insectes, mais en France initialement, les insectes phytophages ne se sont pas nourris de cette nouvelle plante. Des observation récentes (P. Dauphin. 1996) montrent que des coléoptères du genre Galerucella, se nourrissant normalement de feuilles de nénuphars ou de potamots, peuvent aussi consommer des feuilles de jussie. Cette évolution dans le comportement alimentaire de certains insectes pourrait être un facteur limitant le développement parfois explosif de cette plante (sans toutefois pouvoir constituer un moyen d'élimination).
Il est illusoire d'espérer
éradiquer la jussie de France, ou même d un bassin versant.
On peut espérer, à long termes que des phénomènes
de co-adaptation se mettront en place et que le développement,
de la jussie pourra être limité par différents facteurs
naturels : utilisation de la plante par des animaux autochtones (insectes
phytophages, vertébrés herbivores) qui s'habitueront à
cette nouvelle ressource, limitation de la progression des herbiers par
les phénomènes de concurrence des plantes autochtones (sélection
génétique naturelle de souches plus compétitives) Lutte biologique : les quelques tentatives de pâture par du. bétail n'ont donné aucun résultat probant. L'introduction de carpe chinoise est un échec, l'espèce préférant consommer les autres plantes présentes plutôt que la jussie Herbicide : différents essais de traitement ont été réalisés avec des herbicides homologués pour les milieux aquatiques (Diquat, Aquaprop, Round-up Biovert Aqua). Seul le dernier produit cité semble avoir donné des résultats, mais très variables selon les sites. Nous ne possédons pas d'estimations de coûts. Arrachage mécanique ou manuel : cette technique efficace, au moins à court terme, a été mise en uvre sur certains sites, mais nous ne possédons pas de bilan. Le coût de l'opération et son efficacité à long terme ne sont pas connus. Ce type d'intervention est plutôt présenté comme une techniques d'entretien régulier et répété des milieux Dragage ou mise en assec et décapage du sédiment : nous savons pas de références sur cette technique en ce qui concerne la jussie. Il est évident que son efficacité est élevée puisqu'elle peut supprimer la totalité de la plante (tige et racines). Mais la zone traitée peut toujours être recolonisée depuis une zone non traitée. L'opération est vraisemblablement coûteuse. Les principales informations issues de ces expérimentations sont :
Connaissances générales
moyennes. Il existe encore de nombreuses lacunes sur les caractéristiques
biologiques et écologiques des jussies dans le contexte français. Sur le bassin Adour-Garonne,
particulièrement en Aquitaine, la jussie est certainement la plante
qui risque le plus de continuer son expansion et de voir progresser le
nombre de cas de proliférations, du fait de son pouvoir de multiplication
et de propagation dans des milieux variés (amplitude écologique
très importante, envahisseur rapide, facilités de bouturage
et de régénération).
Collectif, 1997
- Synthèse bibliographique à caractère opérationnel
sur l'écologie des espèces végétales proliférantes
en France. Rapport Inter- Agences de l'eau, réalisé par
le Centre de recherches écologiques de l'université de Metz
, les CEMAGREF Bordeaux et Lyon, J Haury et M. Trémolières.
CEMAGREF, 1998 -
Suivi du développement des plantes aquatiques exotiques : lacs
de Cazaux- Sanguinet et Parentis- Biscarosse. Propositions d'interventions.
GEOLANDES.
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