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Sources
: Agence de l'Eau Adour-Garonne / GEREA - 1999
Ressemble aux myriophylles
autochtones mais avec un aspect parfois plus robuste. Ce myriophylle dévellope
fréquemment des tiges aériennes dressées au-dessus
de l'eau ou parfois sur les rives exondées mais inondables.
Feuilles en lanières
fines, verticillées par 4 ou 6
Plante amphibie fixée
formant des herbiers immergés ou émergés. Tige rigide
pouvant atteindre 3 à 4 m de longueur. Pas de reproduction sexuée
en France (absence de pieds mâles).
Dispersion très efficace de la plante par bouturage spontané
ou provoqué de fragments de tiges.
Biotopes
Se développe
sur des milieux humides ou aquatiques, stagnants ou faiblement courants,
de préférence peu profonds. Préfèrent les
lieux bien éclairés (donc l'absence de ripisylve).
L'influence des autres paramètres environnementaux n'est bas clairement
définie mais l'espèce semble favorisée dans les eaux
riches en nutriments.
Historique (apparition,
prolifération)
Origine : Amérique
du Sud
Ce myriophille le été introduit sur tous les continents
et les cas de prolifération sont fréquents.
En France, l'espèce a été introduites près
de Bordeaux, pour des raisons ornementales. Elle a progressé dans
le Sud-ouest et elle s'étend nettement vers la Vendée et
la Bretagne. Elle semble toutefois limitée à la façade
atlantique.
Population et
répartition sur le bassin
Sur le bassin Adour-Garonne,
l'espèce est essentiellement présente sur la zone littorale
de l'Aquitaine, avec quelques stations dispersées plus continentales
Comme l'Adour (CEPEE), la Boutonne, la Seugne ou la Séoune (AGEDRA).
Sa prolifération peut être très importante sur certains
étangs ou dans certains fossés et petits ruisseaux lents,
mais les sites colonisés sont encore relativement peu nombreux,
surtout en comparaison d'une espèce telle que la jussie. L'espèce
peut donc poser des problèmes importants mais localisés
et le myriophylle du Brésil semble avoir une dynamique d'expansion
limitée.
Impacts, nuisances
et enjeux
Les données
sur la croissance de ce myriophylle sont peu nombreuses mais certains
sites peuvent être rapidement et totalement envahis par l'espèce,
qui va former des herbiers denses et monospécifiques.
Impacts sur les espèces : le myriophylle du Brésil,
en cas de développement important, peut éliminer les autres
espèces végétales. La biomasse importante, lorsqu'elle
se décompose, peut créer un déficit en oxygène
qui limite ou interdit également la vie animale.
Impacts sur le milieu : les herbiers de grande superficie constituent
une. gêne pour l'écoulement de l'eau et accélèrent
le comblement des milieux par piégeage du sédiment et accumulation
de matière organique morte.
Impacts sur les activités humaines : les gênes pour
l'écoulement peuvent entraîner des problèmes pour
l'irrigation et le drainage. Les herbiers importants peuvent également
poser des problèmes d'inondation des berges lorsque l'écoulement
est fortement ralenti. De plus, la présence même de l'herbier
constitue une gène pour les activités de pêche, de
sports nautiques et de baignade.
Régulations
naturelles
Le courant
: le myriophyile du Brésil ne s'implante pas dans les cours d'eau
à courant moyen ou rapide, Il ne semble pas s'installer non plus
sur les secteurs des plans d'eau où les eaux sont agitées.
La lumière : les milieux ombragés sont peu colonisés
par cette espèce et s'ils sont colonisés, il n'y a pas prolifération.
La consommation : aucune donnée n'est disponible indiquant
la consommation de cette espèce par des herbivores.
Interventions
humaines
Lutte biologique
: ce type de technique ne semble pas avoir été utilisée
pour lutter contre la prolifération de cette plante.
Herbicides : différents essais de traitement ont été
réalisés avec des herbicides homologués pour les
milieux aquatiques (Diquat, Round-up). Seul le dernier produit cité
a donné des résultats probants (Loire-Atlantique, Vendée),
mais son utilisation nécessite toujours des précautions
d'emploi importantes par rapport. aux risques de pollution de l'eau.
L'efficacité est plus grande si cette technique est couplée
à des opérations d'arrachages.
Arrachage mécanique ou manuel : cette technique a montré
son efficacité lorsque des opérations importantes d'arrachage
mécanique ont été réalisées, suivies
d'opérations légères d'arrachage manuel. L'opération
mécanique initiale peut s'avérer coûteuse (150 à
200 par m3 de plantes arrachées), mais l'entretien manuel régulier
ne nécessite pas un personnel important.
L'expansion de l'espèce, sur site peut donc aisément être
maîtrisée une fois les principaux herbiers éliminés.
Selon les cas, l'arrachage mécanique peut être réalisé
depuis la rive avec du matériel classique, ou necessite l'installation
de pelles hydrauliques sur des barges.
Dragage : l'opération réalisée sur un étang
a été efficace mais nécessite également un
entretien manuel régulier mais léger.
Si la lutte contre la prolifération du myriophylle du Brésil
peut nécessiter des moyens coûteux les taux de réussite
semblent plus importants que pour d'autres espèces problématiques
(iussie lagarosiphon) .Toutefois, comme pour ces autres plantes, l'éradication
totale et définitive du myriophylle ne paraît pas possible.
Il est nécessaire de mettre en place une gestion à long
terme pour maîtriser l'expansion de l'espèce sur les sites
où elle s'est implantées
Régulations
indirectes (modes de gestion du aménagements)
Dans les cours d'eau,
limiter les zones de ralentissement artificiel du courant au strict minimum.
Maintenir ou restaurer les ripisylves sur les secteurs à courant
faible ou nul.
Niveau actuel
de connaissances / Observations
Connaissances moyennes
sur l'écologie de l'espèce, sa dynamique et les moyens de
lutte.
L'espèce est connue depuis plusieurs dizaines d'années dans
le Sud-Ouest où elle ne montre pas une expansion aussi notable
que celle d'autres plantes telles que la jussie. Malgré cela, son
éventuelle progression doit être surveillée en raison
de son potentiel de prolifération élevé sur les milieux
qui lui sont favorables.
Principales références
AGEDRA, 1998 -
Etude des proliférations de macrophytes sur le bassin Adour-Garonne.
Agence de l'eau Adour-Garonne.
Collectif, 1997 - Synthèse bibliographique à caractère
opérationnel sur l'écologie des espèces végétales
proliférantes en France. Rapport Inter-Agences de l'eau, réalisé
par le Centre de recherches écologiques de l'université
de Metz, les CEMAGREF Bordeaux et Lyon, J. Haury et M. Trémolières.
Eigle D. et Dutartre A., 1997 - Bilan des proliférations
végétales, exotiques aquatiques dans le département
des Landes. Répartition, bilan des actions engagées pour
les contrôler, propositions. Conseil Général des Landes.
Planty-Tabacchi A.M., 1993 - Invasion des corridors riverains fluviaux
par des espèces végétales d'origine étrangère.
thèse de doctorat, Univ P Sabatier Toulouse.
Sources
: Agence de l'Eau Adour-Garonne / GEREA - 1999
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