Avant tout aménagement
sur un cours d'eau, il est indispensable de définir
les enjeux ou les motivations de ses interventions. Pour
cela, il est utile d'avoir une vision globale
du milieu, c'est à dire de prendre en compte un
maximum de facteurs présents
sur lesquels l'aménagement aurait un
impact. Ces facteurs sont d'ordre anthropiques et naturels,
l'influence peut être directe ou indirecte. Il est important de
se projeter dans le long terme et de prendre en compte le continuum rivière.
Connaître
les causes de l'érosion
Il faut comprendre
pourquoi une érosion est apparue
à un endroit précis : plusieurs facteurs entrent en compte,
à étudier sur le secteur de l'érosion, mais aussi
en amont et en aval, voir sur la rive opposée :
La
morphologie du cours d'eau : pente, sinuosité, rive concave
ou convexe, courants majeurs, … La capacité
de méandrage et de divagation naturelle (cours d'eau à
fond mobile) La nature
physique du sol (composition, texture, granulométrie, …) La présence
d'îlots, atterrissements ou embâcles situés dans
le lit mineur Le profil
de la berge L'age,
l'état et la composition de la ripisylve Les pressions
exercées sur la berge et la ripisylve : pratiques culturales,
piétinement des bovins, présence de ragondins, …)
Une érosion
est souvent la conséquence du fonctionnement
et de l'évolution naturelle d'un cours d'eau, nécessitant
l'importance de comprendre les interactions
en présence avant d'agir.
Cela amène
à se poser des questions du type :Pourquoi
y a t'il des changements dans le cours d'eau ?
Changement de morphologie du lit ? Divagation
naturelle ? Facteurs
externes ?
Définir les enjeux
L'analyse de ces éléments
permettra d'appréhender l'ensemble des facteurs responsables de
l'érosion.
Les phénomènes d'érosion et de sédimentation
sont souvent le fait d'un processus naturel
du cours d'eau (retour à un profil d'équilibre,
dissipation de l'énergie, …) et contribuent au bon fonctionnement
et à la diversité de l'hydrosystème. Il n'est pas
forcement opportun d'aller à l'encontre de cette évolution
en voulant contenir et figer de façon systématique les cours
d'eau.
Cependant, une forte pression anthropique
existe, et les parcelles riveraines concernées sont parfois occupées
par des infrastructures nécessitant
et légitimant une intervention (routes, chemins,
habitations, ouvrages d'art,…)
Par conséquent, le choix d'intervenir ou non sur un secteur soumis
à l'érosion dépendra
fortement des enjeux relatifs à la situation et au secteur précis
; d 'autant plus que le coût des travaux à engager peut se
révéler supérieur à la valeur marchande des
terrains à protéger.
Cette
réflexion doit s'envisager sur le long terme.
Après étude
de ces paramètres, et lorsque la décision d'avoir recours
à une protection de berge est prise, l'aménageur aura alors
le choix entre la mise en œuvre de techniques issues du génie
civil (enrochements, palplanches, gabions, …) ou de techniques inspirées
du génie végétal (tunage, fascinage, …) voir
de techniques mixtes (génie civil + génie végétal).
Envisager l'impact et les répercussions de
l'aménagement
Avant la mise en œuvre,
il est indispensable de vérifier quels seront les impacts sur les
différents facteurs listés auparavant. (Répartition
des flux, accessibilité à la rivière, …)
Définir les aménagements prévus
dans leur version finale
Choix de la (des ) technique(s) Choix des
matériaux (minéraux ou végétaux) Période
de mise en œuvre (étiage, repos végétatif,
…)
Si les travaux sont
effectués par une entreprise extérieure, il est nécessaire
de définir un CCTP précis et complet ; de plus, la présence
du technicien de rivière est fortement conseillée pendant
la durée du chantier.
Etablir un plan de suivi ultérieur
Pour des techniques
de génie végétal :
Suivi de l'évolution de l'ouvrage. Comportement
de l'ouvrage pendant et après les inondations. Taille des
rejets , recépage, regarnis,… Arrosage
de la protection le premier été.